mardi 20 avril 2021

SWEET Darrell K.

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Biographie

Darrell K. Sweet est né le 15 août 1934 à Highland Park dans le New Jersey. Certains disent de lui, qu’il est né artiste. Peut-être pas, mais il est certainement né pour être un artiste. Il grandit là où il est né, au milieu des forêts et des champs et c’est là qu’à trois ans et demi il dessine au crayon sa première illustration représentant soi disant, des faisans en train de courir dans un champ voisin. Il n’a plus arrêté de dessiner depuis.
Son père est chef du Département de Chimie au Douglas College et sa mère en plus d’être femme au foyer avec trois enfants, est enseignante. Darrell n’est donc pas plongé dans l’univers des Buck Rogers, Tarzan ou The Shadow comme beaucoup d'enfants le sont à cette époque, mais plutôt dans celui des Chaucer, Poe et Shakespeare. Son père considère en effet que les bandes dessinées sont ordinaires, dépourvues d’originalité et qu’elles n’ont pas à entrer au sein de la maison familiale. Aussi, ce sont les histoires classiques comme celles de Beowulf ou La Chanson de Roland qui donnent à Darrell un avant-goût goût des héros et des créatures fantastiques qui joueront plus tard un si grand rôle dans sa vie.
Tous ceux qui rencontrent Darrell savent à l'époque qu'il sera un artiste. "Ils le savaient avant que je le sache" dit-il. Quelles que soient ses activités tout au long de sa scolarité, l'art est toujours présent à l'esprit de Darrell. Dans son cours de dessin, il questionne constamment son professeur à propos de l'art et de son histoire, questions auxquelles celui-ci ne peut répondre. Il devient alors très vite gênant, à tel point qu’on l’envoie à la cafétéria scolaire où il passe deux années à peindre des scènes de bataille de la guerre Civile sur les murs. Pourtant, son seul souhait à l’époque est de devenir un homme bon et instruit, l'art n’étant pour lui qu’une distraction et absolument pas un moyen d'existence. Ce n’est qu’à son entrée au Département des Beaux-arts de l'université Syracuse que l'art va finalement s’installer plus sérieusement dans l'esprit de Darrell et se présenter enfin à lui comme une possible activité professionnelle. L’université représente un moment magique pour Darrell. Un moment où il apprend la couleur, les formes et les vieux Maîtres italiens et allemands de La Renaissance. Un moment où il réalise qu’il veut être artiste professionnel.
Diplôme en poche, armé d’un nouveau portfolio, d’environ quatre cents dollars et de deux paires de chaussures, Darrell plein d'espoir, part conquérir New York. Tout ce qu'il trouve en échange de ses efforts, c’est un travail de bureau comme illustrateur pour une agence de publicité sans nom. Mais le destin et la guerre de Corée vont lui donner un coup de pouce. Appelé sous les drapeaux, il se retrouve à Fort Dix et deux mois plus tard il se bat pour sauver sa vie dans une zone de guerre. À Fort Dix, dans le régiment de Darrell se trouvent plusieurs artistes. Douglas Allen, l’artiste animalier bien connu aujourd’hui, est de ceux ci. Le père de Doug, encore le destin, porte un grand intérêt à l'artiste américain classique N.C. Wyeth, collectionnant ses peintures et ses premiers livres et chose bien plus importante, il entretient d’excellents rapports avec beaucoup de galeries d’art de l'Avenue Madison. C'est par Doug et son père que Darrell découvre le monde de l’art, se trouvant confronté aux travaux de grands artistes américains tels que Wyeth et Howard Pyle. Leurs peintures vont profondément inspirer le jeune Darrell et, quand il quitte l'armée en 1959 avec un portfolio nettement amélioré, il signe avec un agent et débute sa carrière comme artiste professionnel. Immédiatement, son agent commence à trouver du travail pour Darrell. Durant ces années 60 et 70 il travaille ainsi pour le Reader’s Digest, Ballantine, Bantam, Dell et Western, sur une variété de sujets.
Darrell ne s'est pas particulièrement intéressé jusqu’alors à la fantasy ou à la science-fiction. Pour preuve, même la vue d'une peinture d’un artiste du nom de Frazetta, suspendue sur le mur d'un directeur artistique ne lui a rien inspiré. En 1974, Ian Ballantine engage Judy-Lynn del Rey pour rajeunir et réorganiser la branche science-fiction et fantasy de la société. Celle-ci engage à son tour un jeune directeur artistique qui recommande à son tour Darrell. Mais pour une sombre histoire d’indiscrétion, le jeune directeur est renvoyé et Judy-Lynn prend sa place. Elle confirme Darrell dans ses fonctions et lui donne immédiatement une première couverture de livre à réaliser, celle de The Midsummer Tempest de Poul Anderson. Nous sommes en 1975 et Darrell travaille déjà depuis 1 an pour Ballantine, mais il doit faire ses preuves pour Judy-Lynn. Elle aime sa peinture et à partir de cette date lui donnera deux ou trois couvertures à réaliser par mois, pendant plus de vingt-cinq ans…. Il a également, maintenant, la possibilité de lire les manuscrits d’auteurs classiques comme Isaac Asimov ou Robert Heinlein, apprécie ce qu’il lit et est bientôt capable de créer des liens entre le monde réel qu’il connaît si bien et celui fantastique qui n’existe pas.
Après plusieurs années passées à réaliser un travail de qualité, Darrell devient l'artiste attitré des couvertures de Del Rey Books, même s’il y avait beaucoup de grands artistes travaillant avec lui à cette époque comme Boris Vallejo ou les frères Hildebrandt pour n’en citer que quelques-uns. Il réalise ainsi les couvertures de la série Xanth de Piers Anthony, celles d’isaac Asimov ou de Robert Heinlein, celles de la série Thomas Covenant de Stephen Donaldson, celles de la saga Recluce de L. E. Modesitt, Jr. et enfin celles de Runelords de David Farland, sans oublier celles de The Wheel of Time de Robert Jordan. Il peint d’ailleurs encore aujourd’hui pour plusieurs de ces séries. Darrell se retrouve également impliqué dans une série majeure de la fantasy, Le Seigneur des Anneaux de JRR tolkien puisqu’il peint le calendrier Tolkien 1982. Une entreprise monumentale car dans sa préparation pour les treize peintures, il fera de 400 à 500 dessins.
Darrell, estime humblement aujourd’hui, que ses travaux réalisés durant les années 1970 et 80, comme ceux de ses collègues, qu’il s’agisse de John Berkey, Frank Frazetta, Greg et Tim Hildebrandt ou Boris Vallejo ont représenté un Âge D'or dans l'art de la fantasy et de la science-fiction. Il appartient de toute façon aux autres de dire s'il a été, s’il est et s’il restera une référence dans l’art de la science-fiction ou l'art de fantasy. Darrell a fait un choix en son âme et conscience lorsqu’il a terminé ses études à l'université de Syracuse. Enseigner l'art ou être un artiste. Il a choisi, comme il aime à le dire, de peindre des dessins. Des peintures, il en avait faites plus de 3000 en 2005 et lorsqu’il prendra sa retraite, mais un artiste prend-il jamais sa retraite, qu’il quittera New York, il rejoindra son fils dans le Wyoming, retrouvera la nature, là où tout à commencer (souvenez-vous des faisans) et là il continuera à peindre probablement, mais pas pour vous, simplement pour lui. A ce moment-là, nous devrons nous contenter des couvertures des livres présentés sur les étagères des magasins à travers le monde, des illustrations faites pour des jeux de cartes, de ses calendriers Tolkien 1982 ou Robert Jordan 2001 et de son livre Beyond fantasy The art of, sorti en 1996. Enfin, par curiosité, faites donc un tour dans une librairie, vous serez étonnés de voir combien de couvertures sont ornées avec sa signature "DKS". Comme il le dit si bien "Mon art est ma vie."