mardi 6 décembre 2022

L’Évolution des mœurs ou quand on est con, on est con !

L’Évolution des mœurs ou quand on est con, on est con !
Lors de sa création en 1991, le Parcours BD avait pour objectif d’embellir les murs de la ville de Bruxelles, de manière originale en attirant les visiteurs et en soustrayant plusieurs espaces à l’emprise des publicitaires. Depuis plus de 30 ans, les autorités de la Ville ont prouvé leur volonté de présenter une image plus proche de la réalité de la bande dessinée contemporaine mais aussi des attentes des citoyens et citoyennes qui font la ville. Le Parcours BD est devenu bien plus qu’une attraction touristique, il illustre une démarche culturelle et sociétale porteuse de messages politiques, culturels et sociaux qui doivent être interrogés, contextualisés et mis en dialogue.
Pourtant, son succès le conduit très logiquement à être au cœur de vifs débats. Ainsi la présence dans l’espace public de symboles renvoyant à la colonisation ou à des représentations stéréotypées sexistes est aujourd’hui au centre de très vifs débats. Les mouvements #metoo et Black Lives Matter, les organisations et associations de la société civile comme Noms Peut-Être !, ainsi que de très nombreuses initiatives portées par des individus engagés, dénoncent les caractères racistes, sexistes et colonialistes d’une partie des fresques du parcours BD présentes dans l’espace public.
Une quinzaine d’illustrations ont ainsi fait l’objet de critiques et ont été signalées aux autorités afin que celles-ci procèdent à leur retrait. Après réflexion, la ville de Bruxelles en est arrivée à la conclusion qu’il ne fallait pas retirer les œuvres polémiques mais peut-être les expliquer en entamant un travail de fond sur leur présentation afin de recontextualiser ces fresques de manière à la fois critique et pédagogique. Le Brussels Studies Institute, l’ACME (Groupe de recherche en bande dessinée basé à l’Université de Liège) et le Centre belge de la bande dessinée, se sont donc associés pour cette mission afin de mettre en place pour chacune de ces œuvres un QR code, qui permettrait en le scannant, de découvrir une fiche explicative concernant l’œuvre et la série, ainsi que des explications complémentaires rédigées par des experts. A ce jour, sur les 67 fresques du parcours, 30 disposent d’un QR code et 15 renvoient vers une notice explicative, la plupart pour leur caractère polémique.
Certains diront qu’il s’agit là d’une mesure de bon sens et qu’il vaut toujours mieux expliquer que de censurer. Très bien, mais nous ne pouvons oublier ce que nous disaient nos grand-mères, à savoir que quand on cherche on finit toujours par trouver et quand on constate, qu’il y a de plus en plus de c…, de personnes, qui prennent un malin plaisir à chercher la "petite bête" partout où elles le peuvent, nous nous disons une nouvelle fois que l’art, et pas seulement le 9ème, a vraiment du souci à se faire.
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