mardi 12 décembre 2017

Simon Stålenhag

Simon Stålenhag est né à Stockholm, en Suède, le 20 janvier 1984. Il passe ses trois premières années dans une banlieue de Stockholm appelée Sundbyberg. En 1987, sa famille déménage pour Färingsö, une grande île située sur le lac Mälaren à l'ouest de Stockholm. Il y passe son adolescence jusqu’au divorce de ses parents où il retourne en ville avec sa mère. Mais il continue à passer beaucoup de temps sur Färingsö, la plupart de ses amis vivant là. Simon reconnaît aujourd’hui, que les endroits où il a grandi ont eu une énorme influence sur son travail, surtout la période sur Färingsö.
Simon commence à dessiner très tôt. En effet, son grand-père maternel était illustrateur publicitaire et va sans cesse l’encourager. Il a tout ce matériel spécial, qu'il laisse à la disposition de Simon. Donc, dès l'année 1988 alors qu’il n’a que quatre ans, il commence à traîner régulièrement dans le bureau de son grand-père. En grandissant, très orienté vers l’extérieur, il commence à dessiner et à peindre à la gouache des paysages et des oiseaux. Il se rend compte très vite, qu’il a en lui l’âme d’un peintre paysagiste. Son autre grande passion est l’histoire naturelle et plus particulièrement les dinosaures, qu’il juge trop dur à aborder dans un premier temps, mais qu’il finira par dessiner.
S’il n’intègre aucune école d’art, Simon continue à apprendre et à se former seul sur le tas. Son âme de "birdwatcher" a ses grands héros, les peintres paysagers suédois comme Bruno Liljefors, Gunnar Brusewitz et Lars Jonsson, même s’il est également attiré par beaucoup de peintres paysagistes russes.
Vers 18 ans, il découvre les pochettes de Storm Thorgerson et Hipgnosis réalisées au cours des années 1970, pour les groupes de rock progressif comme Pink Floyd et Led Zeppelin. Il est immédiatement frappé par ce qu’il découvre dans ce type de paysages et s’il est toujours très amoureux de la campagne suédoise dans laquelle il a grandi, il commence à expérimenter l'ajout d'objets et d'événements surréalistes dans ses paysages ruraux. Puis arrive la vingtaine et là il s’intéresse à la science-fiction et à ce genre d’art. Il y découvre des artistes comme Syd Mead et Ralph McQuarrie’s et développe une passion pour la mécanique et la conception de véhicules. Il est également très reconnaissant, pour leur influence, aux artistes contemporains comme Ian McQue, Scott Robertson ou Ryan Church. Il est devenu totalement accro à l'art de science-fiction des années 70 et 80 et donc tout naturellement, il commence à dessiner des robots, des vaisseaux spatiaux, des environnements industriels et des véhicules futuristes.
En août 2013, le magazine en ligne américain The Verge publie un article sur son travail. Celui-ci reçoit plus de 50.000 "shares" sur les médias sociaux et est décrit par le journal suédois Svenska Dagbladet comme un "succès viral suédois". Les images de Simon avaient été découvertes par The Verge, après qu'il les ait partagées sur Facebook sans aucune prédisposition à attirer un public plus large. C’est la gloire ! Simon n'était pas préparé à tant d'attention et doit accepter de nombreuses offres d'emploi, certaines dont il n'avait même jamais rêvé. Il aimait être à la campagne à peindre ses buissons et ses machines rouillées et tout à coup, on lui offre de travailler à Santa Monica.
Mais si son statut évolue, sa manière de travailler doit suivre. Simon se met au dessin numérique et produit ses peintures en utilisant un ordinateur et une tablette, dans un style qui imite l'huile ou la peinture acrylique. Ensuite si la forme à changer, il doit en être de même pour le fond car il se retrouve avec toutes ses différentes passions. Les dinosaures, la science-fiction rétro, les couvertures de Pink Floyd et les paysages suédois et pas assez de temps pour démarrer un projet parallèle pour chacune d’entre elle. Donc, la seule chose évidente qui lui vient à l’esprit, est de tout combiner dans le même projet et c'est ce qui finit par aboutir à son premier livre en 2015, Tales From The Loop.
Son travail est récompensé par un ENnie Award d'Or dans la catégorie Meilleure Illustration et son livre sera classé parmi les "10 meilleurs récits de science-fiction" par The Guardian, avec des œuvres telles que The Trial de Franz Kafka et Gattaca d'Andrew Niccol. Un an plus tard, sort son second livre Things from the Flood, les années 80 à 90 et l’ouverture de la Scandinavie au monde extérieur, sans oublier quelques robots. Son troisième artbook The Electric State est prévu pour 2017.
Ses images et ses histoires hautement imaginatives illustrant des phénomènes de science-fiction illusoires dans des paysages scandinaves et américains banals et hyperréalistes ne lui ont pas valu que des fans, elles ont également fait de lui l'un des conteurs visuels les plus recherchés tant pour l'industrie du film que pour l'industrie du jeu vidéo. Son travail peut ainsi être vu dans des films tels que Searching for Sugarman (2012), réalisé par Malik Bendjeloull et dans des jeux comme Ripple Dot Zero (2013). Elles ont également permis de créer une atmosphère unique, mélangeant rétro et technologie de pointe, à la fois reconnaissable et complètement étrange. Un remarquable travail favorisant une maîtrise de la lumière et des couleurs qui n’est pas sans rappeler le travail de grands peintres américains comme Edward Hopper.
Simon Stålenhag réside actuellement à Kungsholmen un des 18 districts de la ville de Stockholm.